Trois arbitres, un écran et pas de penalty
Le penalty refusé au Standard face à Charleroi relance le procès de la VAR ; Roland Duchâtelet, lui, voit déjà l'IA aux commandes.
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Trois personnes devant un écran, une action dans le rectangle, et une décision : l'arbitre de champ n'ira pas voir les images. C'est ce scénario que Stijn Stijnen n'arrive pas à digérer. Dans les dernières minutes de Standard-Charleroi, dimanche, Salieu Drammeh est tombé dans la surface de Charleroi. Pas de penalty, pas d'appel de la VAR. Radja Nainggolan a résumé l'incrédulité générale d'une formule : « Même Botticelli voit ça ! »
Dans le podcast Ongefilterd, cité par Walfoot, les deux anciens internationaux se sont partagé les rôles. Olivier Deschacht a d'abord accordé une circonstance atténuante : « Que l'arbitre ne voie pas cette faute, d'accord, on peut le comprendre. » Puis il a frappé fort : « Même un arbitre de quatrième provinciale aurait vu qu'il y avait penalty. Il faut les suspendre, tous les trois. » Stijnen, lui, a pointé le vrai problème : « Trois personnes ont estimé que l'arbitre ne devait pas aller voir les images. »
Le contexte rend l'erreur plus lourde. Le but de Cheick Keita a suffi à Charleroi, et le Standard reste bloqué à 11 points, à dix longueurs de son voisin, selon le classement publié par Walfoot. Pour les Rouches, c'est une troisième défaite d'affilée. Un penalty transformé n'aurait pas sauvé la saison liégeoise, mais il aurait changé la semaine.
À 79 ans, Roland Duchâtelet regarde plus loin. L'ancien président du Standard estime dans Sudinfo que l'arbitrage est « nettement meilleur » depuis la VAR, et que celle-ci « diminue les risques de corruption ». Surtout, il prédit : « Dans 10 ans au maximum, le VAR sera dirigé par l'IA. » Son idée : une base de données de phases de jeu, à laquelle la machine comparerait chaque situation pour suggérer une décision. Il reconnaît lui-même que cela demandera encore un développement considérable.
La proposition séduit sur le papier, mais elle esquive la leçon de dimanche. L'image de Drammeh existait, et elle était nette. Personne n'a manqué d'information. Ce qui a manqué, c'est la décision d'aller la regarder. Une IA trancherait peut-être plus vite, mais le problème de la Pro League n'est pas la vitesse : c'est un protocole qui laisse trois humains s'interdire de douter.
Tu confierais la VAR à une intelligence artificielle dès la saison prochaine ?
